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Gouvernance de l’Internet et intelligence artificielle : la table ronde de l’Internet Society France au Forum du SMSI 2026

Dans le cadre du Forum du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI), qui s’est tenu à Genève du 6 au 10 juillet 2026 sous l’égide de l’Union internationale des télécommunications (UIT), de l’UNESCO, du PNUD et de la CNUCED, avec le soutien de la Confédération suisse, l’Internet Society (ISOC) France a organisé une table ronde consacrée à la gouvernance de l’Internet et à son évolution à travers plusieurs contextes nationaux et régionaux.

Cette session, confiée par Nicolas Chagny, président de l’Internet Society France, à Sébastien Bachollet, président d’honneur, s’est tenue le 9 juillet 2026 et a réuni :

Les échanges, organisés autour de plusieurs expériences nationales et régionales, ont permis d’aborder la manière dont l’intelligence artificielle peut contribuer à renforcer l’approche multi-acteurs de la gouvernance de l’Internet, avant un temps de dialogue ouvert avec la salle et les participants en ligne.

Une gouvernance qui doit se construire de la base vers le sommet

En ouverture, Sébastien Bachollet a rappelé que la gouvernance de l’Internet doit se construire « de la base vers le sommet ». Il a expliqué que si le Forum sur la gouvernance de l’Internet (IGF) est né du Sommet mondial sur la société de l’information de 2003 à Genève, puis de 2005 à Tunis, il aurait personnellement préféré que les initiatives locales précèdent le forum mondial — une vision qui s’est, selon lui, progressivement concrétisée grâce à la multiplication des IGF nationaux et régionaux.

Il a retracé plusieurs jalons de cette histoire :

Plus d’informations : igf-france.fr

Des expériences nationales et régionales contrastées

Au Tchad, un forum devenu espace de dialogue entre citoyens et autorités

Abdeldjalil Bachar Bong a présenté l’expérience du Forum national du Tchad, né en 2014 pour réunir des acteurs qui travaillaient auparavant de manière isolée. Le premier forum national, organisé en 2015, avait rassemblé plus de 700 participants issus du gouvernement, des universités, de la société civile, des jeunes et des femmes.

Selon lui, le forum est devenu un véritable espace de dialogue entre les citoyens et les autorités, les discussions portant notamment sur le coût élevé d’Internet, sa qualité, la cybersécurité et les politiques numériques ; les recommandations formulées sont ensuite transmises au gouvernement. Il a également indiqué que ce forum a permis au Tchad de renforcer sa présence dans les instances africaines et internationales, comme l’IGF africain et l’ICANN, et a insisté sur la nécessité de développer les compétences numériques par des écoles de gouvernance de l’Internet et des formations destinées aux jeunes.

Plus d’informations : igf.td

Royaume-Uni : financement stable et enjeux de renouvellement

Olivier Crépin-Leblond a présenté le UK Internet Governance Forum, créé dès 2007. Il a expliqué que son principal avantage réside dans un financement stable, mais que cette situation limite parfois la diversité des partenaires ; il a insisté sur la nécessité de renouveler les membres du comité d’organisation, d’améliorer la diversité des profils et de mieux représenter l’ensemble de la société britannique.

Il a ensuite décrit le fonctionnement d’EuroDIG, le forum européen de gouvernance de l’Internet, qui repose entièrement sur la participation de la communauté : les thèmes sont proposés, regroupés puis sélectionnés par les participants eux-mêmes, le conseil d’administration se concentrant essentiellement sur les aspects administratifs, juridiques et financiers. Il a souligné que les principales difficultés d’EuroDIG sont le financement, la mobilisation de bénévoles et le maintien d’un modèle réellement multipartite.

Plus d’informations : ukigf.org.uk

Japon, de la gouvernance de l’Internet à celle de l’intelligence artificielle

Kyoko Yoshinaga a retracé l’évolution de la gouvernance numérique au Japon, depuis les débuts de l’Internet jusqu’aux défis actuels liés à l’intelligence artificielle. Juriste spécialisée dans les politiques publiques, elle a expliqué que les lois ne suffisent plus à encadrer des technologies numériques qui évoluent beaucoup plus rapidement que les processus législatifs.

Elle a montré que la gouvernance moderne repose sur une combinaison de réglementations, de normes volontaires, de coopération entre secteurs public et privé et de participation de la société civile. Elle a souligné que les défis posés par l’IA — désinformation, deepfakes, cybersécurité, protection de la vie privée — ressemblent à ceux rencontrés avec Internet, mais à une échelle beaucoup plus importante. Elle a conclu que l’IA peut améliorer la gouvernance grâce à la traduction automatique, à l’analyse des consultations publiques et à l’aide à la décision, mais qu’elle ne doit jamais remplacer le processus multipartite.

Échanges avec la salle

Les discussions avec les participants présents en salle et en ligne ont principalement porté sur :

Conclusions

Les intervenants se sont accordés sur plusieurs idées essentielles :

Programme complet de la session : itu.int

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